J’ai amorcé ma carrière en 2011 chez PMT ROY Assurances, au département d’assurance des entreprises, à titre d’adjointe technique. Dès le départ, mon arrivée a eu quelque chose d’atypique : débuter en assurance des entreprises sans expérience, ce n’est pas le chemin le plus courant. Pourtant, on a cru en moi et on m’a donné cette chance. Je l’ai saisie sans hésiter, avec l’intention très claire d’apprendre vite, de m’investir pleinement et de me rendre utile.
Je me rappelle très bien de ma première journée. J’étais intimidée de prime abord, parce que mes collègues en assurance des entreprises avaient, en moyenne, plus de dix ans d’expérience. C’était rare de voir une débutante arriver dans ce département. Mais cette impression s’est transformée rapidement en motivation : je me suis mise en mode dépassement. Je voulais faire mes preuves, me dépasser et “défoncer des portes”, comme on dit, en misant sur la rigueur et la constance.
Avec le temps, j’ai découvert un domaine qui m’a particulièrement marquée : le cautionnement. Ce qui m’a le plus étonnée, au-delà du produit, c’est l’importance du partenariat entre le courtier, la caution et le client. J’ai compris très tôt que lorsque ce partenariat est solide et basé sur la confiance, il devient un élément crucial dans le développement, la croissance et le maintien d’une bonne santé financière pour une entreprise qui en a besoin. C’est cet aspect-là qui m’a immédiatement interpellée : en cautionnement, on a l’impression de contribuer concrètement au cœur même d’une entreprise. Je crois que c’est aussi ce qui fait que les courtiers qui œuvrent dans ce domaine sont souvent aussi investis.
Un des moments les plus charnières de ma carrière a été lié précisément à cette passion. À l’époque, il n’y avait pas de département cautionnement au cabinet. De fil en aiguille, j’ai rapatrié l’ensemble des dossiers, j’ai développé mon expertise, et j’ai réussi à convaincre mes collègues et la direction de me laisser prendre soin de cette division. Avec leur confiance, quelques années plus tard, le département cautionnement a officiellement été créé. Pour moi, c’était un accomplissement majeur : j’avais tracé mon propre chemin au sein de l’entreprise. À partir de ce moment, nous avons travaillé en équipe pour consolider notre force et développer le département. Ces 13 années ont profondément marqué ma carrière.
En 2024, en quête de nouveaux défis, j’ai pris une décision importante : j’ai changé de cabinet pour me joindre à Fort Assurances et Avantages sociaux. Je souhaitais offrir davantage à la clientèle que je servais en cautionnement, mais aussi m’impliquer davantage en assurance afin de devenir une référence complète pour mes clients, capable de répondre à leurs besoins globaux en produits d’assurance. Je suis maintenant Directrice de comptes en assurances des entreprises. La valeur ajoutée que je peux offrir aujourd’hui, grâce à mon bagage en cautionnement, c’est une vue d’ensemble du dossier client : je comprends les enjeux d’assurance et de cautionnement, et je peux accompagner mes clients de façon cohérente et stratégique. C’est extrêmement gratifiant de voir évoluer les entreprises que j’accompagne, parce que leur parcours est rempli de défis et que je sais que mon rôle peut faire une différence réelle.
Ma plus grande réussite est plus personnelle, mais elle fait partie intégrante de mon histoire professionnelle : je suis devenue mère monoparentale à temps plein, tout en restant investie dans ma carrière. Et j’ai aussi eu le courage, 13 ans plus tard, de plonger dans un autre univers en parallèle : l’assurance et le développement des affaires à ce niveau. Cette capacité à continuer d’avancer, à apprendre et à me réinventer, j’en suis fière.
D’ailleurs, je me souviens très bien d’avoir annoncé ma grossesse à 33 ans, en pleine carrière “en ébullition”, en pleurant devant la direction. Ça montre à quel point mes craintes étaient présentes : j’avais peur de tout perdre. Mais ces craintes se sont dissipées. À mon retour de maternité, j’avais une énergie et une motivation de performance encore plus fortes qu’avant, avec une maturité nouvelle. Au final, cette étape a été un tremplin.
Mes valeurs et mes traits instinctifs ont aussi énormément influencé ma façon de travailler et mon parcours. J’ai un profil guidé par la justice : j’ai naturellement tendance à protéger, à défendre, à vouloir que les actions aient du sens. J’ai un sens élevé des responsabilités, et l’intégrité est essentielle pour moi. Souvent, j’ai porté des choses sur mes épaules; j’interviens quand quelque chose me semble incorrect, parce que je le prends à cœur. Ma motivation est très intrinsèque. Dans la vie, je suis un “feu roulant” : je suis investie, et j’ai besoin d’aller plus loin, de pousser, d’avancer, d’améliorer.
Enfin, être une femme dans un domaine souvent dominé par les hommes, je ne le vois pas comme un avantage en soi. Dans certains contextes, la crédibilité se construit d’abord, et cela peut même ajouter un niveau d’exigence supplémentaire pour se faire reconnaître. Cela dit, je m’y sens bien. J’ai appris à évoluer dans cet environnement en misant sur la compétence et la constance, plutôt que sur le statut ou les perceptions. Oui, les stéréotypes existent — par exemple, l’idée que les femmes seraient plus émotives en affaires — mais je prends cela avec recul. Je crois qu’il ne faut pas aligner notre comportement sur cette perception : femme ou homme, l’important est de rester soi-même, de se centrer sur le travail, et de laisser la qualité des actions parler.
Avec le recul, si c’était à recommencer, je referais essentiellement la même chose. Mon parcours a été parsemé d’imperfections et de défis que je gérerais autrement aujourd’hui, mais je suis convaincue que la manière dont on y arrive nous forge. L’important, c’est d’apprendre et de faire toujours mieux. Et aujourd’hui, je suis exactement à la place où je dois être.
